ZLECAf : comprendre le PAPSS, le système panafricain de paiement et de règlement

ZLECAf : comprendre le PAPSS, le système panafricain de paiement et de règlement

Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) veut faciliter les paiements transfrontaliers en Afrique en permettant le règlement des transactions en monnaies locales. Avec l’adhésion de la RDC au dispositif, cette infrastructure s’inscrit parmi les outils financiers destinés à accompagner la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Dans sa 20ᵉ tribune, publiée le 4 octobre 2026, Julien Paluku revient sur le fonctionnement du PAPSS et sur ses enjeux pour le commerce intra-africain.

Mis en place par Afreximbank, en collaboration avec l’Union africaine et les institutions de la ZLECAf, le PAPSS permet aux banques participantes de traiter des paiements transfrontaliers dans un cadre panafricain. Son principe est de permettre à l’acheteur de payer dans sa monnaie locale et au bénéficiaire de recevoir les fonds dans la sienne, selon les monnaies et les établissements couverts par le dispositif.

Réduire les intermédiaires

Les paiements entre pays africains peuvent aujourd’hui nécessiter plusieurs intermédiaires, des opérations de change et, dans certains cas, le recours à des banques correspondantes situées hors du continent. Ces circuits peuvent accroître les coûts et les délais.

Le PAPSS cherche à simplifier ce parcours en organisant le paiement, la conversion et le règlement dans une infrastructure panafricaine. Il ne supprime cependant pas les opérations de change : lorsque deux monnaies différentes sont utilisées, leur conversion reste nécessaire.

Pour les entreprises, l’enjeu est donc principalement de faciliter les transactions et de réduire certaines frictions liées aux paiements transfrontaliers.

Un outil au service de la ZLECAf

La fluidité des paiements constitue un élément important du développement du commerce intra-africain. La suppression des droits de douane ne suffit pas si les entreprises rencontrent encore des difficultés pour payer leurs fournisseurs ou rapatrier leurs recettes.

Le PAPSS peut ainsi compléter les autres instruments de la ZLECAf, notamment pour les PME et PMI qui disposent de moyens plus limités pour gérer les coûts et les contraintes des opérations internationales.

Pour les banques centrales, le recours accru aux monnaies locales peut également réduire, pour certaines transactions, le besoin de mobiliser des devises tierces. Mais l’ampleur de cet effet dépendra de l’adoption du système, de la liquidité disponible et du nombre de monnaies et d’établissements effectivement connectés.

Des limites à ne pas perdre de vue

Le PAPSS n’est pas un système universel permettant automatiquement de régler toute transaction entre deux pays africains. Son utilisation dépend de la participation des banques et des banques centrales concernées, ainsi que de la couverture des monnaies.

Il ne supprime pas non plus le risque de change. Les fluctuations entre monnaies locales continuent d’exister, même lorsque le paiement est effectué dans le cadre du PAPSS.

Le dispositif reste par ailleurs soumis aux règles de conformité bancaire, de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi qu’aux réglementations nationales.

Surtout, le PAPSS ne règle pas les autres obstacles au commerce intra-africain : infrastructures de transport, coûts logistiques, barrières non tarifaires, procédures douanières ou différences réglementaires. Il constitue une infrastructure de paiement, pas une solution à l’ensemble de ces difficultés.

La RDC entre dans le dispositif

Pour la République démocratique du Congo, l’adhésion au PAPSS ouvre une nouvelle possibilité pour les paiements liés aux échanges avec les pays africains participants.

Selon les informations rappelées par Julien Paluku, la Banque Centrale du Congo a signé l’adhésion de la RDC au PAPSS le 18 septembre 2026 au Kenya.

Cette étape inscrit davantage la RDC dans l’architecture panafricaine des paiements et dans les mécanismes financiers associés à la ZLECAf.

Lors du forum de Bruxelles, Julien Paluku avait déjà présenté le PAPSS comme un instrument susceptible de faciliter les échanges entre économies africaines. Sa tribune revient sur ce mécanisme et répond aux interrogations suscitées par l’adhésion congolaise.

Une étape, pas une fin en soi

Le PAPSS ne transformera pas à lui seul le commerce africain. Son impact dépendra de son adoption par les acteurs financiers, de l’interopérabilité des systèmes nationaux, de la liquidité des monnaies et de son utilisation effective par les entreprises.

Il représente néanmoins un maillon de l’infrastructure financière nécessaire à la concrétisation de la ZLECAf.

« L’Afrique avance et n’attendra pas 45 ans », écrit Julien Paluku.

Au-delà de la formule, le PAPSS pose une question centrale pour l’intégration africaine : comment faire en sorte que la multiplication des accords commerciaux se traduise aussi par des transactions plus simples entre les entreprises du continent ?

J.A

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