Iran : marié par téléphone depuis sa prison, un manifestant exécuté quelques heures plus tard

Iran : marié par téléphone depuis sa prison, un manifestant exécuté quelques heures plus tard

TÉHÉRAN, 9 octobre 2026 (GLOBALEPRESSE) — Il n’aura jamais pu retrouver son épouse. Alireza Sepahi, un Iranien de 25 ans condamné à mort après son arrestation lors de manifestations antigouvernementales, a été exécuté le 5 octobre, quelques heures après avoir échangé ses vœux de mariage par téléphone avec sa fiancée détenue, Mahshad Keshani, 22 ans, selon des organisations de défense des droits humains.

La cérémonie s’est déroulée alors que l’exécution du jeune homme semblait imminente. Les deux fiancés, qui se connaissaient avant leur arrestation, ont pu prononcer leurs vœux à distance avec l’aide de l’avocat et militant des droits humains Amirsalar Davoudi. Ils n’ont toutefois jamais eu l’occasion de se retrouver physiquement, selon des informations publiées par des organisations de défense des droits humains.

Arrêté le 10 janvier 2026 à Ispahan, dans le centre de l’Iran, Alireza Sepahi figurait parmi les accusés dans une affaire liée à des affrontements survenus sur la place Alikhani, au cours desquels quatre membres des forces de sécurité auraient été tués, selon les autorités iraniennes.

Sa condamnation à mort a été contestée par des organisations de défense des droits humains, qui font état d’allégations de torture, d’aveux forcés et d’irrégularités judiciaires. Selon l’organisation Iran Human Rights, une demande de réexamen de son dossier avait été acceptée en septembre avant que la juridiction chargée de l’affaire ne rejette la procédure de réexamen sans audience.

L’exécution d’Alireza Sepahi intervient dans un contexte de répression des manifestations en Iran. Les autorités l’accusaient notamment d’infractions liées aux violences contre les forces de sécurité, tandis que les organisations de défense des droits humains mettent en cause l’équité de la procédure judiciaire.

Sa fiancée, Mahshad Keshani, demeure emprisonnée et purge une peine de cinq ans, selon des sources de défense des droits humains. Le mariage célébré par téléphone n’aura ainsi été qu’un échange de vœux à distance, sans possibilité pour les deux époux de se revoir.

J.A

Alireza Sepahi .PH
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