Alerte sur le patrimoine industriel du Sud-Kivu : l’usine de thé de Lemera aurait été démontée et transférée vers le Rwanda
KALEHE (Sud-Kivu) – L’usine de thé de Lemera, considérée comme l’un des plus anciens fleurons agro-industriels du territoire de Kalehe, est au cœur de graves accusations de pillage. Selon des résidents, des témoins locaux et plusieurs sources concordantes, des équipements industriels auraient été démontés puis emportés après la prise de contrôle de la zone par la coalition AFC/M23, soutenue par l’armée rwandaise selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux.
Fondée dans les années 1930, l’usine de Lemera constituait un pilier de l’économie locale. Elle assurait la transformation du thé produit dans la région, faisait vivre des centaines de familles grâce à ses plantations, ses activités d’élevage et l’emploi direct et indirect qu’elle générait.
Les informations disponibles indiquent que les machines destinées à la culture, à la récolte et au séchage du thé auraient été retirées, entraînant l’arrêt des activités de l’usine. Des allégations évoquent également un transfert de ces équipements vers le Rwanda. Toutefois, cette dernière affirmation n’a pas été confirmée de manière indépendante ni reconnue officiellement par les autorités rwandaises.
La disparition de ces infrastructures représente un coup dur pour l’économie de Kalehe, déjà fortement fragilisée par les conflits armés. Au-delà des pertes matérielles, les habitants redoutent les conséquences sur les revenus des producteurs de thé, l’emploi local et la préservation du patrimoine industriel du Sud-Kivu.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, où les questions de pillage des ressources et des infrastructures restent au centre des préoccupations des populations et des organisations de défense des droits humains.


