Procès Rebo Tchulo : le parquet requiert 14 mois de prison et 250 000 dollars de dommages, le verdict attendu

Procès Rebo Tchulo : le parquet requiert 14 mois de prison et 250 000 dollars de dommages, le verdict attendu

Kinshasa, 7 août 2026 – Le procès de la chanteuse congolaise Déborah Tshimpaka Mulanga, plus connue sous le nom de Rebo Tchulo, est entré dans une phase décisive ce jeudi devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema.

Dans son réquisitoire, le ministère public a demandé au tribunal de condamner l’artiste à 14 mois de servitude pénale ainsi qu’au paiement de 250 000 dollars américains à titre de dommages et intérêts.

Le substitut de l’auditeur militaire supérieur, le major magistrat Prudence Mbambi, a estimé que les éléments du dossier justifient une déclaration de culpabilité, concluant son intervention par ces mots : « Ainsi, vous rendrez justice. »

Les faits reprochés

Rebo Tchulo est poursuivie pour incitation de militaires à poser des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC. L’affaire trouve son origine dans les violences présumées infligées à Platini Kasaï Sadisa, présenté comme son ancien chauffeur, qui affirme avoir été victime de torture et d’autres sévices à la suite d’accusations de vol de biens appartenant à l’artiste.

Au total, 13 militaires, dont quatre en fuite, comparaissent également dans ce dossier. Ils répondent notamment des chefs de torture, extorsion, concussion et violation des consignes militaires.

Une procédure marquée par plusieurs rebondissements

Depuis son ouverture en mai dernier, le procès a connu plusieurs renvois et des débats techniques, notamment autour de l’exploitation des communications téléphoniques des prévenus. Le tribunal avait même ordonné une nouvelle expertise après avoir relevé des irrégularités dans les premiers relevés produits par les opérateurs de télécommunications.

La défense attendue

Après les réquisitions du ministère public, la défense devrait développer ses plaidoiries avant que le tribunal ne mette l’affaire en délibéré ou ne fixe la date du prononcé de son jugement.

En cas de condamnation en première instance, la législation congolaise permet aux personnes condamnées d’exercer les voies de recours prévues par la loi, notamment l’appel, dans les conditions fixées par le Code judiciaire militaire.

Le jugement attendu dans cette affaire très médiatisée est susceptible de constituer une étape importante, tant pour les parties au procès que pour le débat sur la responsabilité des civils et des militaires dans des faits présumés de violences et d’abus de pouvoir.

Jeampy ALIVISION

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