Métaux critiques : au Congo, Paul Obambi obtient un permis de recherche de 253 km² dans le Kouilou pour explorer la cassitérite
Brazzaville – L’homme d’affaires congolais Paul Obambi, président-directeur général de Sapro Mayoko, poursuit sa diversification dans le secteur minier. Déjà connu pour piloter l’un des principaux projets de minerai de fer du Congo, il vient d’obtenir, par l’intermédiaire de sa société Plamex-Ressources, une autorisation de prospection minière couvrant 253 km² dans le département du Kouilou. Le permis porte sur la recherche de cassitérite, principal minerai d’étain, un métal dont la demande mondiale connaît une forte progression.
Selon l’arrêté publié au Journal officiel de la République du Congo, cette autorisation concerne la zone de Mafoumbi. Elle est accordée pour une durée de douze mois, renouvelable conformément aux dispositions du Code minier congolais. Le texte impose également à l’entreprise de transmettre des rapports trimestriels d’avancement, d’associer les services techniques de l’État aux travaux de prospection et d’obtenir une autorisation pour toute exportation d’échantillons destinés à des analyses à l’étranger.
Miser sur les métaux critiques
L’obtention de ce permis intervient dans un contexte particulièrement favorable aux métaux critiques, indispensables à la transition énergétique et à l’industrie électronique. L’étain est largement utilisé dans les soudures électroniques, les semi-conducteurs, les équipements de télécommunications, les panneaux solaires ainsi que dans plusieurs technologies liées aux véhicules électriques.
Face à une demande mondiale soutenue et à des chaînes d’approvisionnement sous pression, de nombreux investisseurs intensifient leurs activités d’exploration afin d’identifier de nouveaux gisements économiquement exploitables.
Une nouvelle étape pour Paul Obambi
Cette autorisation marque une nouvelle étape dans la stratégie de développement de Paul Obambi, figure majeure du secteur minier congolais. À travers Sapro Mayoko, il pilote déjà le projet de minerai de fer de Mayoko, considéré comme l’un des plus importants projets miniers nationaux. Son développement reste toutefois fortement lié à la modernisation des infrastructures ferroviaires nécessaires à l’évacuation de la production vers le port de Pointe-Noire.
En se positionnant désormais sur la cassitérite, l’entrepreneur élargit son portefeuille minier au-delà du fer et s’inscrit dans la dynamique mondiale des minerais stratégiques.
Un signal pour l’attractivité du secteur minier congolais
Au-delà du cas de Paul Obambi, cette nouvelle autorisation illustre la volonté des autorités congolaises de stimuler les investissements dans l’exploration minière. Le département du Kouilou, déjà connu pour ses ressources en hydrocarbures, en potasse et en minerais industriels, confirme progressivement son potentiel dans plusieurs filières extractives.
Si les travaux de prospection aboutissent à la découverte de réserves commercialement exploitables, une nouvelle phase d’études techniques et économiques sera nécessaire avant toute demande de permis d’exploitation. Pour l’heure, l’autorisation accordée à Plamex-Ressources constitue une première étape destinée à évaluer le potentiel géologique de la zone de Mafoumbi.
Dans un marché mondial où les métaux critiques sont devenus un enjeu stratégique pour les industries de haute technologie et la transition énergétique, cette initiative pourrait renforcer la place du Congo parmi les pays africains appelés à jouer un rôle croissant dans l’approvisionnement en ressources minérales stratégiques.


