RDC : Martin Fayulu s’inquiète du retard dans la formation des ingénieurs »
KINSHASA — La question de la formation des ingénieurs s’est invitée au cœur du débat sur l’avenir de la République démocratique du Congo. Intervenant mardi 6 octobre devant le Parlement des étudiants, à Kinshasa, Martin Fayulu a dressé un parallèle entre les capacités de formation de plusieurs pays et la situation qu’il juge préoccupante dans les universités congolaises.
Pour illustrer son propos, l’opposant congolais a avancé plusieurs chiffres. Selon lui, le Maroc formerait près de 2 800 ingénieurs par an, l’Iran environ 34 500, les États-Unis 340 000 et la Chine près de 1,4 million.
« Le Maroc forme chaque année près de 2 800 ingénieurs, l’Iran environ 34 500, les États-Unis 340 000 et la Chine près de 1,4 million », a déclaré Martin Fayulu, avant de comparer ces chiffres à la situation dans l’enseignement supérieur congolais.
« Chez nous », le constat dressé par Fayulu
Martin Fayulu a notamment évoqué le cas de la Faculté polytechnique, affirmant que, l’année précédente, aucun étudiant sur les 80 concernés n’aurait été admis à l’issue de la première session. Cette affirmation est, à ce stade, à considérer comme une déclaration politique de l’opposant, les chiffres détaillés de la faculté n’ayant pas été retrouvés dans les sources publiques consultées.
Au-delà de ces statistiques, son intervention pose une question de fond : quelle place la RDC veut-elle accorder à la formation scientifique et technologique dans sa stratégie de développement ?
Dans un pays qui dispose d’importantes ressources minières, énergétiques et agricoles, la question de la formation d’ingénieurs, de chercheurs, de techniciens et de spécialistes capables de transformer localement ces ressources constitue un enjeu majeur.
Le défi du capital humain
Pour Fayulu, le développement durable de la RDC ne peut reposer uniquement sur l’exploitation de ses ressources naturelles. Il passe également par la capacité du pays à former suffisamment de compétences nationales pour concevoir, produire, transformer et innover.
La comparaison internationale qu’il établit vise ainsi à mettre en lumière l’écart entre les ambitions de développement du pays et les performances de son système de formation scientifique.
Mais derrière les chiffres se trouve une réalité plus large : infrastructures universitaires insuffisantes, équipements de laboratoire, accès aux technologies, qualité de l’encadrement, financement de la recherche et adéquation entre les formations et les besoins de l’économie.
Le débat sur les ingénieurs renvoie donc à une question stratégique pour la RDC : comment passer d’un pays qui dispose de ressources considérables à un pays capable de disposer des compétences nécessaires pour les transformer en valeur ajoutée ?
Pour Martin Fayulu, le redressement du système éducatif et la formation massive de compétences scientifiques doivent figurer parmi les priorités nationales.
Une interpellation qui intervient alors que la RDC cherche à renforcer son industrialisation et à développer davantage de chaînes de valeur locales dans des secteurs aussi stratégiques que les mines, l’énergie, les infrastructures et le numérique.
J.A


