France-Iran : Téhéran convoque l’ambassadeur français après les manifestations lycéennes
Les tensions diplomatiques entre Paris et Téhéran connaissent un nouvel épisode. L’Iran a convoqué l’ambassadeur de France à Téhéran pour protester contre la gestion par les autorités françaises des manifestations lycéennes qui secouent le pays.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué, mardi 6 octobre, l’ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, pour lui faire part des préoccupations de Téhéran concernant le traitement réservé aux manifestants lors des mobilisations lycéennes en France.
Selon les autorités iraniennes, cette démarche diplomatique fait suite à ce qu’elles présentent comme un usage excessif de la force contre les manifestants et à des atteintes aux droits fondamentaux. Téhéran demande notamment à Paris de respecter le droit de réunion pacifique et de faire la lumière sur les incidents signalés lors des manifestations.
Téhéran dénonce un « double standard »
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, avait déjà dénoncé les jours précédents ce qu’il considère comme une application différente des principes relatifs aux droits humains selon les pays concernés.
Dans une déclaration rapportée par les médias iraniens, Baghaï a notamment rappelé les critiques formulées par Paris à l’encontre de Téhéran lors des manifestations en Iran en janvier 2026. Il estime que la France applique aujourd’hui des critères différents face aux mobilisations de lycéens sur son propre territoire.
Téhéran présente ainsi la situation comme un cas de « deux poids, deux mesures » dans le discours occidental sur le droit de manifester et le respect des libertés publiques.
Des manifestations qui ont dégénéré dans plusieurs villes
En France, la mobilisation lycéenne s’est amplifiée depuis la mi-septembre autour de revendications portant notamment sur les conditions d’enseignement, les moyens accordés aux établissements et les conditions de travail dans l’Éducation nationale.
La journée de mobilisation du 6 octobre a rassemblé des centaines de milliers de personnes selon les estimations disponibles. Si de nombreux rassemblements se sont déroulés sans incident majeur, des affrontements ont également opposé manifestants et forces de l’ordre dans plusieurs villes. Des centaines d’interpellations ont été recensées.
La question de l’usage de la force par les policiers fait également l’objet de plusieurs enquêtes. Le gouvernement français a notamment annoncé la suspension de l’utilisation des grenades de désencerclement à la suite de blessures graves infligées à un adolescent lors des manifestations.
Une nouvelle friction entre Paris et Téhéran
Cette nouvelle passe d’armes intervient dans un contexte déjà tendu entre les deux pays. Paris et Téhéran s’opposent régulièrement sur les questions de droits humains, de sécurité et de politique régionale.
La convocation de l’ambassadeur français constitue ainsi une nouvelle étape dans cette confrontation diplomatique. Paris n’a, à ce stade, pas fait connaître publiquement de réponse à la démarche iranienne.
Derrière cette polémique se joue désormais une question plus large : celle de la cohérence des positions défendues par les États sur le droit de manifester et l’usage de la force, en France comme en Iran.


