Dialogue national en RDC : à Lubumbashi, Tshisekedi sonde la CENCO sur les conditions du processus.
À Lubumbashi, le pouvoir congolais cherche à arrimer les confessions religieuses au processus de dialogue national. Samedi 3 octobre, Anthony Nkinzo Kamole et Fortunat Biselele ont été reçus par Mgr Fulgence Muteba Mugalu, président de la CENCO. Au menu : les contours du dialogue voulu par Félix Tshisekedi et les conditions posées par l’Église catholique.
La séquence est scrutée de près à Kinshasa. Samedi 3 octobre, à Lubumbashi, le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, Anthony Nkinzo Kamole, accompagné du conseiller spécial Fortunat Biselele, a rencontré Mgr Fulgence Muteba Mugalu, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
Au cœur des échanges : le projet de « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », récemment convoqué par le chef de l’État. Selon la CENCO, la rencontre a porté sur ce processus, alors que les autorités congolaises poursuivent la mise en place de ses structures préparatoires.
La CENCO ne ferme pas la porte
Le message des évêques est toutefois nuancé. La CENCO se dit ouverte au principe du dialogue, mais insiste sur les conditions de son organisation. L’Église catholique met notamment en avant deux exigences : l’inclusivité et la crédibilité du processus.
Autrement dit, pour la CENCO, l’enjeu ne réside pas uniquement dans la tenue d’un dialogue, mais également dans la manière dont celui-ci sera préparé, conduit et représentera les différentes composantes de la société congolaise.
Cette position intervient alors que le format et les modalités du dialogue font déjà l’objet de discussions au sein de la classe politique et de la société civile.
Le précédent du Pacte social
La rencontre de Lubumbashi intervient également dans le prolongement d’une initiative portée depuis 2025 par la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC).
En janvier 2025, les deux principales familles chrétiennes du pays avaient lancé leur « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ». Leur démarche entendait mobiliser les citoyens et les différents acteurs autour de la paix, de la cohésion sociale et de la recherche de solutions aux crises qui affectent la RDC et la région des Grands Lacs.
La feuille de route présentée par les deux Églises se voulait notamment un cadre de réflexion et de mobilisation autour d’un consensus national, avec une approche dépassant les seuls enjeux sécuritaires.
Entre initiative présidentielle et exigences religieuses
La rencontre entre les représentants de la présidence et le président de la CENCO intervient donc à un moment où le pouvoir cherche à préciser les contours du futur dialogue, tandis que les confessions religieuses entendent conserver leur rôle dans la recherche d’un consensus national.
Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu est désormais de faire avancer un processus censé réunir les différentes forces du pays autour de la paix, de la cohésion nationale et de la refondation de l’État.
Pour la CENCO, la question porte également sur les garanties permettant aux différentes parties prenantes de prendre part au processus dans des conditions jugées crédibles et inclusives.
La rencontre de Lubumbashi ne constitue donc pas, à elle seule, un accord sur les modalités du dialogue. Elle marque néanmoins un contact politique important entre la présidence et l’une des principales institutions religieuses du pays.
La suite des consultations permettra de déterminer si les exigences exprimées par la CENCO pourront être intégrées dans le dispositif du dialogue national et si celui-ci parviendra à rassembler au-delà des seuls soutiens au pouvoir.
J.A


