Sud-Kivu : des tensions internes émergent au sein de l’AFC/M23 après un ultimatum lancé par l’un de ses cadres
Kalehe (Sud-Kivu) – Des dissensions internes semblent apparaître au sein de la coalition AFC/M23 au Sud-Kivu. Un communiqué signé le 26 juillet 2026 par Mwami Radjabu, chef coutumier et président de la Fondation Mwami Radjabu (FOMRA), met en lumière un différend inédit entre plusieurs responsables du mouvement.
Dans ce document, l’auteur affirme que son frère cadet, Zibona Rugishi Patrick, aurait été arrêté puis emmené le 5 novembre 2025 par des éléments du Département des services de renseignement (DSR) de l’AFC/M23. Depuis cette date, il déclare être sans nouvelles de lui.
Mwami Radjabu lance un ultimatum de 72 heures à la direction de l’AFC/M23 afin qu’elle apporte une preuve de vie de son frère ou, si celui-ci est décédé, qu’elle restitue sa dépouille à la famille pour l’organisation des funérailles.
Le communiqué met directement en cause un responsable présenté comme le « colonel » Imani Nzenze John, que Mwami Radjabu accuse d’être impliqué dans la disparition de son parent. Il formule également de graves accusations contre cet officier, l’accusant notamment d’exactions et de pratiques de rançonnement à l’encontre de la population civile dans le territoire de Kalehe.
Au-delà de cette affaire familiale, cette prise de position révèle de possibles tensions au sein de la chaîne de commandement de l’AFC/M23. Bien qu’il réaffirme son soutien au projet politique du mouvement, Mwami Radjabu estime que certains comportements individuels nuisent à sa crédibilité et à son image auprès des populations locales. Il appelle par ailleurs d’autres personnes s’estimant victimes d’abus à témoigner publiquement.
À ce stade, ces accusations n’ont pas été confirmées de manière indépendante. La direction de l’AFC/M23 n’a pas réagi officiellement au communiqué ni aux allégations visant l’un de ses responsables. Aucun élément public ne permet pour l’heure d’établir les faits avec certitude.
Si elles devaient être confirmées, ces accusations pourraient illustrer l’existence de tensions internes au sein de l’administration mise en place par l’AFC/M23 dans certaines zones du Sud-Kivu, alors que le mouvement cherche à consolider son contrôle politique et militaire sur les territoires qu’il occupe.


