RDC : Cyprien Mbere Moba, le jour où Julien Paluku a raconté l’histoire d’un homme et d’un parti

RDC : Cyprien Mbere Moba, le jour où Julien Paluku a raconté l’histoire d’un homme et d’un parti

Par Jeampy ALIVISION

Il y a les discours protocolaires, dictés par les usages des funérailles. Et il y a ceux qui dépassent l’hommage pour s’inscrire dans une séquence politique. L’oraison prononcée le 21 juillet à Kinshasa par Julien Paluku Kahongya, président du Bloc Uni pour la Renaissance et l’Émergence du Congo (BUREC), appartient incontestablement à cette seconde catégorie.

Face à la dépouille du bâtonnier Cyprien Mbere Moba, deuxième vice-président du parti, Julien Paluku n’a pas seulement salué la mémoire d’un compagnon de route. Il a dressé le portrait d’un homme qu’il érige en référence morale et politique pour les générations futures du BUREC.

Dès les premières lignes, le ton est donné. « Nous ne sommes pas seulement venus pleurer un homme ; nous sommes venus saluer un monument », déclare-t-il, installant immédiatement son discours dans le registre de l’héritage plutôt que dans celui de la seule émotion.

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu retrace ensuite le parcours de celui qu’il présente comme l’un des principaux bâtisseurs du BUREC. De la création du parti en 2012 jusqu’aux congrès de Goma en 2015 et de Bukavu en 2021, Cyprien Mbere Moba apparaît, dans ce récit, comme l’un des artisans de l’implantation nationale de la formation politique.

Mais au-delà du souvenir, Julien Paluku cherche à transmettre un message. En attribuant au défunt les succès électoraux du BUREC en 2018 et en 2023, il rappelle que les victoires politiques sont, selon lui, le fruit de la discipline organisationnelle, de la rigueur et d’une stratégie de long terme. Une manière de réaffirmer les valeurs que le parti entend continuer à défendre.

L’autre dimension marquante de cette allocution réside dans la portée éthique qu’elle donne à l’engagement politique. En présentant le bâtonnier comme un juriste rigoureux, un défenseur de la bonne gouvernance et un adversaire résolu de la médiocrité ainsi que du gain facile, Julien Paluku dépasse l’hommage individuel pour esquisser une vision de la responsabilité publique.

Le recours répété aux références bibliques et aux proverbes africains confère au discours une profondeur symbolique. La comparaison du défunt à un « baobab » dont « la trace ne s’efface pas avec le vent » illustre la volonté de faire de Cyprien Mbere Moba une figure tutélaire du BUREC.

Enfin, en affirmant que « sa chaise ne sera pas vide : elle sera occupée par son esprit, ses idées et sa rigueur », Julien Paluku adresse également un message à ses militants, à quelques jours du troisième congrès du parti. L’avenir du BUREC devra, selon lui, s’inscrire dans la continuité des principes incarnés par son ancien vice-président.

Au terme de cette allocution, l’émotion n’efface donc jamais le sens politique. Julien Paluku ne s’est pas contenté de dire adieu à un compagnon. Il a cherché à transformer sa mémoire en héritage collectif et à rappeler que, dans la vie des partis, certains hommes continuent d’influencer le présent bien après leur disparition.

Julien Paluku, aux obsèques de Cyprien Mbere Moba,
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