Mali : Kidal, sous la pression des FAMa, le FLA annonce un « repli stratégique »
Après plusieurs mois de contrôle rebelle, Kidal est repassée sous le contrôle des forces maliennes. Le Front de libération de l’Azawad (FLA) affirme avoir ordonné un « repli stratégique et maîtrisé » de ses combattants, alors que l’armée intensifiait ses opérations dans le nord du pays.
Le rapport de force s’est inversé à Kidal. Mardi 6 octobre, les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires russes de l’Africa Corps, sont entrées dans cette ville stratégique du nord du Mali, quelques heures après l’annonce du retrait des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA).
Le FLA, qui contrôlait Kidal depuis le 25 avril, a présenté son départ comme un « repli stratégique et maîtrisé ». Dans un communiqué, le mouvement indépendantiste touareg affirme qu’il s’agit d’une mesure temporaire destinée notamment à préserver ses capacités humaines et logistiques. Il assure également que le retrait s’est effectué sans affrontement terrestre direct avec les forces maliennes et leurs alliés russes.
Une offensive préparée de longue date
Ces derniers jours, l’armée malienne avait renforcé son dispositif autour de Kidal. Une importante colonne militaire avait notamment quitté Anéfis, située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de la ville, tandis que des opérations aériennes étaient menées dans la région.
L’état-major malien avait annoncé le lancement d’opérations « aéroterrestres d’envergure » dans la région de Kidal. Plusieurs frappes ont également été rapportées dans les secteurs de Tinzawaten et de Tinzaouatène, à proximité de la frontière algérienne.
De son côté, le FLA affirme que l’intensification des frappes aériennes et les risques pesant sur les populations civiles ont motivé sa décision de quitter la ville. Ces accusations concernant l’ampleur et les conséquences des frappes ne peuvent toutefois pas être vérifiées indépendamment à ce stade.
Kidal, un bastion symbolique
La reprise de Kidal constitue un épisode particulièrement important dans le conflit opposant Bamako aux mouvements indépendantistes touaregs. Le FLA s’était emparé de la ville le 25 avril, lors d’une offensive menée avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
Pour les autorités maliennes, le retour des FAMa à Kidal marque une nouvelle étape dans la reconquête du nord du pays. Pour le FLA, en revanche, le retrait ne signifie pas la fin de la lutte. Le mouvement affirme vouloir préserver ses forces et poursuivre son combat pour l’Azawad.
Reste désormais à savoir si Bamako parviendra à maintenir durablement son contrôle sur Kidal et à sécuriser ses environs, dans une région où les équilibres militaires demeurent particulièrement fragiles.
J.A


