France : l’Iran dénonce les violences contre les lycéens après plus de 1 700 interpellations

France : l’Iran dénonce les violences contre les lycéens après plus de 1 700 interpellations

PARIS — La mobilisation des lycéens français, partie de la région parisienne à la mi-septembre, s’est progressivement étendue à plusieurs régions du pays. Les affrontements avec les forces de l’ordre et les nombreuses interpellations ont désormais suscité une réaction officielle de Téhéran.

Le mouvement, lancé le 17 septembre, porte notamment sur les conditions d’enseignement, le manque d’enseignants, les rythmes scolaires et les moyens accordés aux établissements. Il s’est intensifié au cours de la semaine dernière, avec des blocages et des incidents dans plusieurs villes françaises.

Vendredi, une nouvelle journée de mobilisation a donné lieu à plus de 1 700 interpellations, selon les chiffres communiqués par les autorités françaises. Depuis le début du mouvement, le ministère de l’Intérieur fait état de plus de 5 000 interpellations, dont une large majorité de mineurs.

Téhéran dénonce une « violence disproportionnée »

Dimanche 4 octobre, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a pris position sur les événements en France.

« Une telle violence disproportionnée contre les manifestants est injustifiable », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Téhéran, selon des propos rapportés par l’AFP.

Le responsable iranien a également estimé que la France devait respecter « les droits et libertés fondamentaux de ses citoyens », ajoutant que les informations faisant état de violences policières étaient « préoccupantes ».

Cette prise de position intervient alors que les relations entre Paris et Téhéran sont particulièrement tendues. Elle constitue une intervention inhabituelle de la diplomatie iranienne dans un mouvement social français.

Le gouvernement français défend l’action des forces de l’ordre

À Paris, les autorités contestent l’idée d’une intervention policière disproportionnée.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé dimanche que les forces de l’ordre n’avaient pas vocation à « réprimer la jeunesse », mais à protéger les élèves et étudiants souhaitant exprimer leurs revendications pacifiquement.

Il a assuré que les interventions étaient conduites « avec proportionnalité », sous le contrôle de la hiérarchie et, lorsque nécessaire, de la justice.

Dans le même temps, plusieurs organisations ont dénoncé certaines interventions policières. Amnesty International France a notamment demandé la suspension de l’usage des lanceurs de balles de défense et fait état de préoccupations concernant des violences policières lors des manifestations.

Cinq enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), selon les informations rapportées dimanche.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

Le mouvement ne montre pas encore de signe d’essoufflement. Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé que les cours seraient totalement ou partiellement suspendus lundi dans 400 à 500 lycées, pour des raisons de sécurité. Vingt-quatre établissements auraient par ailleurs été incendiés ou saccagés depuis le début de la mobilisation.

Les organisations lycéennes et étudiantes ont appelé à poursuivre la mobilisation mardi, alors que le gouvernement cherche à répondre aux revendications portant notamment sur le remplacement des enseignants absents et les conditions d’enseignement.

La réaction de Téhéran ajoute ainsi une dimension diplomatique à une crise sociale qui reste avant tout centrée sur les conditions de scolarisation et les relations entre les jeunes mobilisés et les forces de l’ordre.

Jeampy Alivision

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