Afrique du Sud : Pretoria veut récupérer auprès des pays africains les coûts des déportations

Afrique du Sud : Pretoria veut récupérer auprès des pays africains les coûts des déportations

Johannesburg — L’Afrique du Sud cherche à faire évoluer sa politique de prise en charge des opérations de déportation et de rapatriement des ressortissants étrangers. Pretoria souhaite désormais obtenir le remboursement d’une partie des dépenses engagées auprès des pays d’origine des personnes concernées.

La question avait été soulevée publiquement en juin 2026 par le ministère sud-africain des Relations internationales. Son porte-parole, Chrispin Phiri, avait indiqué que le gouvernement envisageait de « facturer » aux États étrangers les coûts liés à la déportation de leurs ressortissants. À ce stade, il s’agissait toutefois d’une proposition à l’étude et non d’une politique définitivement adoptée.

Une facture liée aux opérations de rapatriement

La prise en charge des migrants expulsés représente une charge importante pour les autorités sud-africaines. Les dépenses comprennent notamment le transport, la sécurité, l’hébergement temporaire et les opérations administratives nécessaires à leur retour.

Dans un bilan publié en juillet, le gouvernement sud-africain indiquait avoir traité 53 449 ressortissants étrangers pour des opérations de déportation ou de rapatriement au 11 juillet 2026. Les Malawites représentaient alors la majorité des personnes concernées, suivis notamment des Zimbabwéens et des Mozambicains.

Des opérations de retour ont également concerné des ressortissants de pays situés en dehors de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), notamment le Nigeria et la République du Congo.

Le Nigeria et le Ghana concernés

Le Nigeria a déjà organisé le rapatriement de plusieurs de ses ressortissants depuis l’Afrique du Sud. En juin, les autorités sud-africaines avaient confirmé qu’un premier groupe de 268 Nigérians avait quitté le pays par avion, sur un total de 586 personnes alors traitées pour rapatriement.

Le Ghana a également organisé des opérations de retour de ses citoyens, tandis que plusieurs autres États africains ont pris des mesures similaires face aux tensions et aux violences visant des ressortissants étrangers en Afrique du Sud.

Une question qui risque de devenir diplomatique

Au-delà de la question financière, cette politique soulève un problème diplomatique plus large : qui doit payer lorsqu’un État expulse un ressortissant étranger en situation irrégulière ?

Pretoria considère que les pays d’origine pourraient contribuer aux coûts engendrés par le rapatriement de leurs citoyens. Mais cette approche risque de susciter des discussions avec les gouvernements concernés, notamment sur la répartition des responsabilités entre pays d’accueil et pays d’origine.

L’Afrique du Sud fait par ailleurs face à une forte pression intérieure sur la question migratoire. Le gouvernement a renforcé les opérations contre l’immigration irrégulière tout en affirmant vouloir travailler avec les autres pays africains pour mieux gérer les mouvements migratoires sur le continent.

Une chose est donc désormais claire : la question migratoire sud-africaine ne se limite plus au contrôle des frontières. Elle devient également une question financière et diplomatique à l’échelle du continent.

JA

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