À Kinshasa, un bateau sous haute surveillance sanitaire : les autorités mobilisées après un décès suspect lié à Ebola
KINSHASA — Tout a commencé par un télégramme interne marqué « Extrême urgence ». Adressé le 3 août à plusieurs unités de la Police nationale congolaise (PNC), le document ordonne l’interception d’un bateau attendu au port de Bende-Bende, dans la commune de Maluku, à l’est de Kinshasa.
Selon ce document consulté par notre rédaction, le navire, identifié comme le Yingfeng 2, transportait plus de 200 passagers en provenance de la province de la Mongala. Le télégramme évoque le décès, au cours du voyage, d’une personne considérée comme un cas suspect de maladie à virus Ebola.
L’instruction est claire : empêcher tout débarquement non contrôlé et mettre en place un dispositif exceptionnel afin d’éviter un risque de propagation de la maladie dans la capitale.
Une mobilisation d’ampleur
À l’arrivée du bateau, les autorités avaient déjà déployé un important dispositif de sécurité et de santé publique.
Des éléments des forces navales, des équipes du ministère de la Santé, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ainsi que plusieurs services de l’État étaient présents au port de Bende-Bende.
Des tentes ont été installées afin d’effectuer les opérations de contrôle sanitaire, d’identification des passagers et d’évaluation des risques, tandis que le bateau devait être maintenu à l’écart conformément aux protocoles de quarantaine prévus en cas de suspicion d’Ebola.
Une enquête sanitaire toujours en cours
Cette opération ne résulte pas d’une alerte isolée.
Dans son dernier rapport, le Centre des opérations d’urgence de santé publique indique qu’il poursuit les investigations autour d’un décès lié à Ebola survenu à bord d’un bateau ayant quitté Kisangani entre le 19 et le 21 juillet.
Les autorités sanitaires cherchent désormais à reconstituer l’itinéraire du navire, identifier les personnes ayant été en contact avec le malade et déterminer si d’autres passagers ont développé des symptômes.
Cette démarche de traçabilité constitue l’une des principales mesures recommandées pour limiter la propagation d’une éventuelle maladie hautement contagieuse.
Des mesures de précaution
À ce stade, la présence d’un cas confirmé d’Ebola parmi les passagers n’a pas été annoncée publiquement. Les opérations menées à Maluku relèvent avant tout du principe de précaution, destiné à permettre l’évaluation médicale des voyageurs et la mise en œuvre des protocoles de surveillance.
La RDC possède une longue expérience dans la gestion des flambées d’Ebola. Au cours des deux dernières décennies, le pays a été confronté à plusieurs épidémies, conduisant les autorités à renforcer les mécanismes de détection rapide, de quarantaine et de surveillance épidémiologique.
Entre vigilance et transparence
L’arrivée du Yingfeng 2 rappelle les défis auxquels reste confronté le système sanitaire congolais. Dans un pays où le fleuve Congo demeure une artère essentielle pour le transport des personnes et des marchandises, la surveillance sanitaire des voies fluviales est devenue un enjeu majeur de santé publique.
L’évolution de cette enquête dépendra désormais des résultats des analyses biologiques et des investigations épidémiologiques en cours. En attendant, les autorités sanitaires poursuivent le suivi des passagers et des contacts identifiés afin d’écarter tout risque de propagation de la maladie.
Jeampy ALIVISION


