RDC : Kinshasa mise sur le piment et le cacao pour conquérir le marché chinois
Kinshasa – La République démocratique du Congo veut accélérer la diversification de son économie en s’appuyant sur son potentiel agricole. Après des décennies marquées par la prédominance du secteur minier, les autorités congolaises ambitionnent désormais de faire du piment et du cacao deux nouveaux moteurs des exportations nationales vers la Chine.
Cette orientation a franchi une étape importante avec la signature d’un contrat commercial entre la société chinoise HUNAN PENGFEI INTERNATIONAL TRADE Co., Ltd et la structure congolaise International Chamber of Commerce of Christian Communities (ICCCC). L’accord prévoit la fourniture annuelle de 180 000 tonnes de piment sec au marché chinois.
Reçu le 27 juillet à son cabinet de travail, le ministre du Commerce extérieur a salué cette avancée, qu’il considère comme l’une des premières concrétisations de l’accord de coopération économique signé le 6 septembre 2024 entre Kinshasa et Pékin.
Afin de garantir le succès de cette nouvelle filière d’exportation, le ministre a appelé à une organisation rapide des producteurs. Il recommande notamment la création d’une Fédération nationale des producteurs et exportateurs de piment sec, l’identification des principaux bassins agricoles ainsi qu’une collaboration étroite avec les ministères de l’Agriculture et du Développement rural pour faciliter l’accès aux semences améliorées et renforcer les coopératives rurales.
Au-delà du piment, le gouvernement met également en avant le potentiel du cacao congolais, dont les exportations pourraient atteindre 50 000 tonnes par an vers le marché chinois. Ensemble, ces deux filières représenteraient un potentiel commercial estimé à plus de 500 millions de dollars américains par an, offrant de nouvelles perspectives aux agriculteurs, aux investisseurs et aux opérateurs économiques.
Les autorités invitent ainsi les producteurs agricoles, les coopératives et les entrepreneurs intéressés à se rapprocher du ministère du Commerce extérieur ou de l’Agence nationale de promotion des exportations (ANAPEX) afin de bénéficier des dispositifs d’accompagnement et de participer à cette nouvelle dynamique.
Dans un pays longtemps identifié pour ses immenses ressources minières, cette initiative traduit une volonté de rééquilibrer le modèle économique national. Pour Kinshasa, la diversification des exportations agricoles apparaît désormais comme un levier stratégique de création d’emplois, d’augmentation des recettes en devises et de développement des territoires ruraux. Le pari est ambitieux : faire de l’agriculture, aux côtés des mines, un véritable pilier de la croissance congolaise.
Jeampy ALIVISION


