L’Europe renforce sa vigilance face aux soupçons d’espionnage chinois
Bruxelles – Les services de sécurité de plusieurs pays occidentaux intensifient leurs efforts de contre-espionnage face à ce qu’ils décrivent comme une menace croissante attribuée à la Chine. Ces dernières semaines, une trentaine de personnes soupçonnées d’avoir agi au profit de Pékin ont été arrêtées ou font l’objet d’enquêtes dans plusieurs pays européens, selon des informations relayées par plusieurs médias occidentaux.
Parmi les affaires les plus médiatisées figure celle d’une stagiaire canadienne d’origine chinoise, soupçonnée d’avoir consulté des documents sensibles au Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe (SHAPE) de l’OTAN, situé à Mons, en Belgique. Un officier supérieur de l’armée grecque fait également l’objet d’une enquête pour des soupçons de transmission d’informations militaires confidentielles à la Chine.
Selon le média belge 7sur7, ces dossiers s’inscrivent dans un contexte de vigilance accrue des services de renseignement européens face aux activités d’espionnage visant les institutions militaires, technologiques et gouvernementales.
Les agences de renseignement des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, regroupées au sein de l’alliance dite des « Cinq Yeux » (Five Eyes), affirment depuis plusieurs années que la Chine cherche à recruter des citoyens occidentaux afin d’obtenir des informations sensibles, notamment dans les domaines de la défense, des technologies de pointe et de la recherche scientifique.
Certaines estimations évoquées dans les médias font état d’un réseau pouvant compter jusqu’à 800 000 personnes impliquées dans les activités de renseignement ou de collecte d’informations au profit de la Chine. Toutefois, ce chiffre n’a pas été confirmé publiquement par les autorités européennes ni par les services de renseignement des pays concernés et doit être considéré avec prudence.
La Chine rejette régulièrement les accusations d’espionnage formulées par les pays occidentaux. Pékin affirme respecter le droit international et dénonce ce qu’elle qualifie de campagne de dénigrement visant à freiner son développement économique et technologique.
Ces nouvelles affaires illustrent l’intensification de la rivalité stratégique entre la Chine et les puissances occidentales, dans un contexte marqué par une compétition croissante dans les domaines de la sécurité, des technologies avancées et de l’influence géopolitique. Les enquêtes ouvertes dans plusieurs pays européens sont toujours en cours, et les autorités judiciaires n’ont, à ce stade, pas rendu de décisions définitives concernant les personnes mises en cause.
Jeampy ALIVISION


