Corneille Nangaa se dit prêt à céder la direction de l’AFC/M23, mouvement rebelle et terroriste selon Kinshasa, à Joseph Kabila

Corneille Nangaa se dit prêt à céder la direction de l’AFC/M23, mouvement rebelle et terroriste selon Kinshasa, à Joseph Kabila

Goma (RDC) — Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et actuel coordonnateur politique de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), mouvement rebelle qualifié de terroriste par les autorités congolaises, a déclaré qu’il était prêt à céder la direction du mouvement à l’ancien président Joseph Kabila si celui-ci décidait de le rejoindre.

S’exprimant lors d’une émission télévisée, M. Nangaa a présenté l’ancien chef de l’État comme une figure de référence pour l’AFC/M23.

« Il a toujours été notre chef, même lorsqu’il était chef de l’État. S’il veut nous rejoindre aujourd’hui, je serais heureux de lui laisser ma place. C’est d’ailleurs ce que nous attendons », a-t-il affirmé.

Cette déclaration intervient alors que plusieurs rapports du Groupe d’experts des Nations unies évoquent de présumés liens entre Joseph Kabila et l’AFC/M23, mouvement rebelle soutenu par le Rwanda selon les Nations unies et le gouvernement congolais.

L’année dernière, lors d’une intervention en Afrique du Sud, Joseph Kabila avait répondu à ces allégations en déclarant : « Si j’étais réellement derrière cette rébellion, la situation serait bien différente de celle que l’on observe aujourd’hui. »

Les propos de Corneille Nangaa donnent toutefois une nouvelle dimension aux spéculations. En exprimant publiquement son souhait de voir Joseph Kabila prendre la tête de l’AFC/M23, il alimente les interrogations sur les recompositions politiques autour de ce mouvement armé.

Ce scénario apparaît d’autant plus paradoxal que Joseph Kabila avait dirigé, en 2013, l’offensive militaire des FARDC, appuyées par la Brigade d’intervention de la MONUSCO, qui avait conduit à la défaite du M23. Aujourd’hui, l’ancien président séjourne à Goma, ville sous contrôle de l’AFC/M23, où sa présence continue de susciter de nombreuses interrogations au sein de la classe politique congolaise.

Sans constituer une preuve de l’implication de Joseph Kabila au sein du mouvement, les déclarations de Corneille Nangaa pourraient raviver le débat sur les alliances politiques et militaires qui redessinent le paysage sécuritaire de l’est de la République démocratique du Congo.

Jeampy ALIVISION

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