RDC : l’ONU affirme que l’AFC/M23 poursuit un projet de renversement du pouvoir et évoque un rôle de premier plan pour Joseph Kabila
Le Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo estime, dans son dernier rapport, que la rébellion de l’AFC/M23 continue de poursuivre un objectif politique dépassant le seul contrôle des territoires conquis dans l’est du pays.
Selon les experts, le mouvement rebelle a continué à promouvoir l’idée d’une « République fédérale du Congo ».
Le rapport indique que son objectif principal demeure le renversement du gouvernement congolais, tout en envisageant, à défaut, la création d’une région autonome dans l’est de la RDC.Le document s’attarde également sur la place qu’occuperait l’ancien président Joseph Kabila au sein de cette dynamique.
Les experts estiment qu’il serait appelé à exercer des « fonctions de premier plan » au sein de l’AFC/M23. Ils considèrent en outre que la visibilité croissante de l’ancien chef de l’État, ainsi que l’hypothèse d’un rôle dirigeant évoquée par le président rwandais Paul Kagame, contribuerait à renforcer le récit selon lequel l’AFC/M23 serait un mouvement exclusivement congolais répondant à une crise interne, plutôt qu’un groupe bénéficiant d’un soutien extérieur.
Sur le plan militaire, le rapport évalue les effectifs de combat de l’AFC/M23 à environ 30 000 combattants.
Les experts réaffirment également leurs conclusions sur le soutien apporté par le Rwanda à la rébellion.
Selon leurs estimations, entre 8 000 et 10 000 soldats des Forces de défense rwandaises (RDF) étaient déployés dans le Sud-Kivu en décembre 2025, tandis que 6 000 à 8 000 autres se trouvaient dans le Nord-Kivu.
Le rapport précise qu’aucun retrait significatif n’a été observé depuis cette période.
Les experts affirment par ailleurs que certains militaires rwandais opérant sur le territoire congolais auraient récemment commencé à porter des uniformes du M23 afin de dissimuler leur identité et de rendre leur présence plus difficile à établir.
Ces conclusions interviennent dans un contexte où les accusations de soutien du Rwanda à l’AFC/M23 demeurent au cœur des tensions diplomatiques dans la région des Grands Lacs.
Kigali continue de contester ces allégations, tandis que les Nations unies réitèrent leurs préoccupations quant à la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Jeampy ALIVISION


