RDC–BELGIQUE : DENISE NYAKERU TSHISEKEDI CONTESTE LES ACCUSATIONS, LA CHRONOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS ALIMENTE LE DÉBAT POLITIQUE
BRUXELLES, 17 octobre 2026 (Globalepresse) — La Première dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, a exprimé son étonnement après les perquisitions menées le mercredi 14 octobre en Belgique dans une résidence familiale et à plusieurs adresses liées au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et à des membres de sa famille. Dans un communiqué transmis par ses avocats, elle conteste fermement les griefs formulés à son encontre et à l’encontre de plusieurs de ses proches, tout en affirmant sa pleine disposition à collaborer avec la justice belge.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en RDC. Alors que la famille présidentielle est concernée par une enquête belge pour des soupçons de blanchiment, la Première dame refuse les accusations qui lui sont adressées et entend faire valoir ses droits dans le cadre de la procédure.
Les perquisitions découlent d’une instruction ouverte à la suite de plaintes déposées en juillet 2025 par des organisations non gouvernementales et quatre anciens responsables de la Gécamines, l’entreprise publique minière congolaise. Les plaignants évoquent de présumés détournements de revenus miniers et des opérations de blanchiment. Il appartient à la justice d’examiner les éléments versés au dossier et d’établir les responsabilités éventuelles.
HERVÉ DIAKIESE, UN ACTEUR POLITIQUE DE L’OPPOSITION PARMI LES AVOCATS DES PLAIGNANTS
L’identité des avocats intervenant pour les plaignants constitue un élément de contexte politique qui mérite d’être porté à la connaissance du public.
Parmi eux figure Maître Hervé Diakiese Kyungu, qui a exercé les fonctions de porte-parole d’Ensemble pour la République, le parti d’opposition dirigé par Moïse Katumbi. Des médias congolais ont rapporté qu’après sa réhabilitation dans cette fonction, il a sollicité, le 15 octobre, un retrait temporaire, expliquant vouloir préserver l’exercice de ses activités professionnelles face à des procédures judiciaires sensibles en Europe.
Cette proximité politique institutionnellement documentée nourrit des interrogations sur la manière dont cette affaire est perçue dans le débat congolais. Elle ne suffit toutefois pas à invalider la plainte, mais elle constitue un élément que les observateurs peuvent prendre en considération lorsqu’ils analysent les interactions entre justice et politique.
Un autre avocat cité dans le dossier, Maître Bernard Maingain, est connu pour ses engagements judiciaires dans la région des Grands Lacs, notamment pour la défense de membres des communautés tutsi et banyamulenge. Il a lui-même reconnu publiquement avoir accepté des dossiers impliquant des intérêts au Rwanda, tout en affirmant que son activité relevait de la défense de ses clients et du respect de la loi.
Ces éléments de parcours sont publics. Leur évocation permet de situer les acteurs du dossier, sans confondre leurs engagements antérieurs avec la preuve d’une motivation particulière dans la procédure visant l’entourage présidentiel.
DE LA CRITIQUE DE KABILA AUX PERQUISITIONS : UNE CHRONOLOGIE QUI ALIMENTE LES INTERROGATIONS
La succession des événements a également attiré l’attention d’observateurs de la scène politique congolaise.
Le 9 octobre, Joseph Kabila a diffusé une adresse dans laquelle il a vivement critiqué la gouvernance de Félix Tshisekedi. Trois jours plus tard, le 12 octobre, son rôle à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire comprenant le M23, a été annoncé à Goma. Le 14 octobre, les autorités judiciaires belges ont mené des perquisitions à plusieurs adresses liées à la famille et à l’entourage du président congolais.
Pour certains observateurs, cette proximité temporelle alimente l’hypothèse d’une séquence susceptible d’affaiblir l’image du pouvoir de Kinshasa au moment où Joseph Kabila assume publiquement un rôle de premier plan dans une coalition armée opposée au gouvernement. La forte couverture médiatique des perquisitions, alors que l’instruction trouve son origine dans une plainte déposée en 2025, renforce selon cette lecture le débat sur les effets politiques de l’opération.
DENISE NYAKERU TSHISEKEDI AFFIRME SA POSITION
Au cœur de cette controverse, Denise Nyakeru Tshisekedi conteste les griefs qui lui sont adressés et affirme sa volonté de coopérer avec la justice belge. Sa position est claire : elle rejette les accusations et entend répondre dans le cadre légal prévu.
Dans une affaire touchant la famille du chef de l’État, la distinction entre soupçons, éléments d’enquête et responsabilités judiciairement établies est essentielle. Les perquisitions constituent un acte d’enquête, non une déclaration de culpabilité.
La procédure belge se poursuit donc sur le terrain judiciaire, tandis que ses répercussions politiques s’inscrivent dans un climat national marqué par l’affrontement entre le pouvoir de Kinshasa, l’opposition et la nouvelle coalition politico-militaire annoncée par Joseph Kabila.
Jeampy Alivision


