Guinée-Bissau : la junte bloque le retour d’Umaro Sissoco Embaló
À deux mois de la présidentielle annoncée pour le 6 décembre, la transition militaire en Guinée-Bissau est confrontée à une nouvelle tension. Les autorités militaires affirment que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour permettre le retour de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, actuellement en exil au Maroc.
Umaro Sissoco Embaló avait annoncé cette semaine son intention de rentrer en Guinée-Bissau et de se présenter à la prochaine élection présidentielle. Son retour était annoncé pour le 4 octobre, après près de dix mois d’exil consécutifs à sa destitution par l’armée en novembre 2025.
« Les conditions de sécurité ne sont pas réunies »
Dans un communiqué, le Haut commandement militaire chargé de la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public affirme avoir examiné la situation du pays et l’environnement sécuritaire avant de conclure que les garanties nécessaires au retour d’Embaló n’étaient pas réunies.
Les autorités invoquent la sécurité nationale, la préservation de l’ordre public et la prévention de situations susceptibles de compromettre la stabilité du pays.
La décision intervient alors que les rassemblements et manifestations à caractère politique restent interdits dans le cadre de la transition militaire. Cette restriction est toujours en vigueur, selon les autorités.
Un retour qui intervient dans un contexte politique tendu
L’armée avait pris le pouvoir le 26 novembre 2025, quelques jours après l’élection présidentielle, interrompant le processus électoral. Embaló, qui était président depuis 2020, a ensuite quitté le pays et vit depuis au Maroc.
La transition militaire a fixé au 6 décembre 2026 la tenue de nouvelles élections présidentielle et législatives, présentées comme devant permettre le retour à l’ordre constitutionnel. L’Union africaine avait également appelé à la mise en œuvre d’une feuille de route de transition permettant l’organisation d’élections crédibles à cette date.
La candidature annoncée d’Embaló et son projet de retour viennent donc tester les conditions politiques et sécuritaires de cette transition.
Pour l’heure, les autorités militaires ne précisent pas combien de temps cette interdiction de retour pourrait durer ni quelles conditions permettraient à l’ancien président de regagner le pays.
Une nouvelle séquence s’ouvre ainsi à Bissau, alors que le calendrier électoral du 6 décembre se rapproche et que les restrictions sur les activités politiques demeurent.


