RDC : Mario-Philippe Losembe, une figure historique de la diplomatie et de la politique congolaise, est décédé

RDC : Mario-Philippe Losembe, une figure historique de la diplomatie et de la politique congolaise, est décédé

Figure historique de la vie politique et diplomatique congolaise, Mario-Philippe Losembe Batwanyele est décédé le 22 septembre à Kinshasa, à l’âge de 93 ans, selon sa famille et le Sénat. Ancien ministre des Affaires étrangères sous Mobutu, représentant du Congo auprès des Nations unies et deuxième vice-président du Sénat sous Joseph Kabila, il laisse derrière lui une carrière de plus de six décennies, commencée à la veille de l’indépendance.

La nouvelle de sa disparition a été annoncée mardi par le Sénat, qui a salué la mémoire de son ancien deuxième vice-président. Le programme des obsèques doit être communiqué ultérieurement.

Né à Stanleyville, l’actuelle Kisangani, Mario-Philippe Losembe, alors connu sous le nom de Mario-Philippe Cardoso, commence sa carrière dans l’enseignement supérieur. En 1959, il devient assistant-professeur à l’Université Lovanium de Kinshasa.

À la veille de l’indépendance, son parcours prend une nouvelle orientation. Proche de Patrice Lumumba, il dirige la délégation du MNC-Lumumba à la Table ronde économique de Bruxelles. Il effectue ensuite un stage au Bureau d’assistance technique des Nations unies à New York.

Diplomate aux premières heures de la République

Après l’indépendance, Losembe rejoint les premières structures diplomatiques du jeune État congolais. Il représente le Congo auprès des Nations unies de 1960 à 1962, avant de poursuivre sa carrière diplomatique notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Cette expérience internationale précède son entrée au gouvernement sous Mobutu Sese Seko. En 1969, il devient ministre de l’Éducation, puis prend, en 1970, la tête du ministère des Affaires étrangères, qu’il dirige jusqu’en 1972.

Après cette période gouvernementale, il s’éloigne temporairement de la vie politique et séjourne en Suisse avant de regagner le Zaïre en 1974. Il s’investit ensuite dans le secteur privé et dans différentes activités économiques.

De la Conférence nationale au Sénat

Avec l’ouverture politique du début des années 1990, Losembe revient progressivement sur le devant de la scène. Il participe aux travaux de la Conférence nationale souveraine et exerce des responsabilités au sein du PDSC.

Il retrouve ensuite les institutions nationales dans le cadre de la transition. De 2003 à 2006, il siège au Parlement de transition, avant d’être élu sénateur de l’ancienne Province Orientale à l’issue des élections de 2006.

Le 11 mai 2007, il accède au bureau du Sénat comme deuxième vice-président. Il devient alors l’une des figures les plus expérimentées de la chambre haute, où son parcours s’étend sur plusieurs générations politiques.

Une mémoire de la République

Universitaire, indépendantiste, diplomate, ministre et parlementaire, Mario-Philippe Losembe aura traversé les principales transformations politiques du Congo depuis les dernières années de la période coloniale.

Son parcours l’a conduit des amphithéâtres de Lovanium aux Nations unies, des premières années de l’indépendance au gouvernement sous Mobutu, puis de la transition politique aux institutions de la IIIᵉ République.

Père de huit enfants, il était également le père du banquier congolais Michel Losembe.

Avec sa disparition, à 93 ans, la RDC perd l’un des derniers représentants d’une génération politique dont l’histoire personnelle se confond avec plusieurs étapes majeures de la construction de l’État congolais.

Une page de cette mémoire politique et diplomatique vient ainsi de se tourner.

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