🔴🇦🇫🇺🇸 Afghanistan : les talibans proposent leurs ressources minières aux États-Unis pour sortir de l’isolement
Le régime taliban cherche à ouvrir un nouveau chapitre dans ses relations avec Washington. Cinq ans après le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan et le retrait des forces américaines en 2021, Kaboul propose désormais aux entreprises américaines d’investir dans les secteurs minier, agricole, des infrastructures et du commerce.
L’offre est particulièrement stratégique : l’Afghanistan disposerait de ressources minières inexploitées estimées à au moins 1 000 milliards de dollars, notamment en cuivre, lithium, cobalt, or, fer et niobium. Cette estimation provient de travaux géologiques américains et afghans, mais il s’agit d’une estimation de la richesse potentielle du sous-sol, et non de réserves immédiatement exploitables ou d’une valeur commerciale garantie.
Le ministre afghan des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, affirme que son pays souhaite désormais privilégier une coopération économique avec les États-Unis plutôt que de rester prisonnier de l’histoire des deux dernières décennies de guerre. Il invite ainsi les entreprises américaines à participer au développement des ressources naturelles et d’autres secteurs de l’économie afghane.
💰 En échange, Kaboul réclame la levée des sanctions
Cette ouverture économique répond également à des objectifs diplomatiques précis. Les talibans souhaitent obtenir un allègement des sanctions internationales ainsi que la libération d’environ 9,5 milliards de dollars de réserves afghanes immobilisées à l’étranger, dont environ 7 milliards de dollars aux États-Unis.
Washington maintient toutefois des sanctions visant les talibans et le réseau Haqqani. Le Trésor américain précise que les talibans restent désignés comme Specially Designed Global Terrorists.
Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les autorités talibanes ont déjà annoncé plus de 7 milliards de dollars d’accords miniers, notamment avec des partenaires chinois et iraniens. Elles cherchent désormais à attirer les capitaux et les technologies américaines.
🇺🇸 Bagram, l’autre dossier qui oppose Washington et Kaboul
Cette tentative de rapprochement intervient alors que Donald Trump réclame depuis plusieurs années le retour de l’influence américaine sur la base aérienne de Bagram, située au nord de Kaboul et considérée comme stratégiquement importante en raison de sa proximité avec la Chine.
Les talibans ont cependant rejeté cette demande. Leur ministre des Affaires étrangères considère les installations militaires et civiles afghanes comme des actifs nationaux et refuse de rendre Bagram aux États-Unis.
Le dossier révèle donc une équation diplomatique complexe : Kaboul veut des investissements américains, la levée des sanctions et l’accès à ses réserves financières, tandis que Washington cherche à obtenir des garanties stratégiques et continue de faire pression sur le régime taliban.
Pour l’instant, aucune entente majeure entre les deux parties n’a été annoncée. Le ministre taliban n’a d’ailleurs pas indiqué si son offre minière avait été directement transmise à la Maison-Blanche.


