RDC : Kinshasa répond à l’enquête du Financial Times sur les traces d’uranium dans les exportations de cobalt

RDC : Kinshasa répond à l’enquête du Financial Times sur les traces d’uranium dans les exportations de cobalt

KINSHASA – Une semaine après la publication d’une enquête du Financial Times et de Lighthouse Reports évoquant la présence de traces d’uranium dans certaines exportations congolaises d’hydroxydes de cobalt, le gouvernement de la République démocratique du Congo est sorti de son silence. Dans un communiqué publié le 6 août, il rejette toute interprétation laissant penser à une production ou une exportation illicite d’uranium et annonce une série de mesures destinées à renforcer la transparence de la filière minière.

Les autorités rappellent que la présence naturelle d’uranium dans certains gisements cuprifères et cobaltifères du Lualaba et du Haut-Katanga est un phénomène géologique connu depuis plusieurs décennies. Selon le gouvernement, cette co-minéralisation ne constitue ni une anomalie, ni une violation des engagements internationaux de la RDC en matière de non-prolifération nucléaire.

Le communiqué conteste également les conclusions de l’enquête internationale, estimant que les quantités avancées reposent sur des modélisations et non sur des mesures directes effectuées sur les cargaisons exportées. Kinshasa souligne que ces estimations doivent être vérifiées par une expertise contradictoire avant toute conclusion définitive.

Pour répondre aux interrogations, le gouvernement annonce le lancement d’une campagne de vérification analytique indépendante portant sur un échantillon représentatif des exportations d’hydroxydes de cobalt. Les analyses seront confiées à un laboratoire national et à un laboratoire international accrédité, selon un protocole présenté comme transparent. Les résultats seront rendus publics.

Les autorités annoncent également la création d’un groupe de travail interministériel chargé d’examiner les allégations, d’évaluer les risques sanitaires et environnementaux et de formuler des recommandations dans un délai de soixante jours.

Par ailleurs, Kinshasa indique vouloir engager des consultations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin de bénéficier d’un appui technique dans le cadre des mécanismes internationaux de contrôle déjà en vigueur.

Dans son communiqué, le gouvernement réaffirme son attachement à la transparence, à la protection des travailleurs du secteur minier, à la préservation de l’environnement et au respect des normes internationales. Il insiste également sur le fait que la RDC demeure un acteur central de la transition énergétique mondiale et entend poursuivre l’exploitation et l’exportation de son cobalt dans le respect des standards internationaux.

Cette prise de position constitue la première réponse officielle de Kinshasa aux révélations de l’enquête du Financial Times, qui avait relancé le débat sur la présence de matières radioactives naturelles dans certains minerais stratégiques exportés par la RDC.

Jeampy ALIVISION

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