RDC : dans une lettre ouverte à son père (photo), Linda Endundu mêle appel familial, héritage et interpellation politique
C’est un texte d’une rare intensité que Linda Endundu a rendu public. Adressée à son père, le sénateur honoraire José Endundo Bononge, cette longue lettre ouverte dépasse largement le cadre d’un échange familial. Elle aborde des questions d’héritage, de reconnaissance des enfants, de transmission patrimoniale, de réconciliation familiale, de spiritualité et même de responsabilité politique.
Dès les premières lignes, Linda Endundu dit s’inquiéter de ne plus avoir de nouvelles de son père. Elle affirme ne plus être en mesure de le joindre directement et évoque la crainte qu’il soit isolé de certains membres de sa famille. Cette inquiétude constitue le fil conducteur de son message.
L’auteure invite également son père à reconnaître publiquement l’ensemble de ses enfants, qu’ils soient biologiques ou adoptifs, afin, selon elle, de garantir l’égalité entre tous les héritiers et d’éviter de futurs conflits successoraux. Elle estime qu’avant de quitter ce monde, il devrait clarifier sa succession et présenter officiellement tous ses descendants.
La question patrimoniale occupe une place importante dans cette lettre. Linda Endundu revient sur plusieurs dossiers immobiliers et sur la gestion de la société familiale Sorimmo. Elle affirme avoir exprimé des réserves sur certains projets et estime avoir été progressivement écartée des discussions. Elle évoque également des convocations judiciaires, des désaccords autour de la gouvernance de l’entreprise et des pressions qu’elle dit avoir subies. À ce stade, ces affirmations reflètent sa version des faits et n’ont pas fait l’objet d’une décision de justice les établissant.
Au-delà des biens matériels, Linda Endundu appelle son père à laisser un héritage moral. Elle lui demande d’écrire son autobiographie afin de transmettre son parcours aux jeunes Congolais et de partager son expérience politique, économique et personnelle.
La lettre prend également une dimension spirituelle. Se présentant désormais comme protestante, elle invite son père à renouveler sa foi en Jésus-Christ tout en soulignant la place qu’il a occupée dans son éducation. Elle lui exprime sa gratitude pour les études qu’il lui a financées, son accompagnement et les valeurs qu’il lui a transmises.
Sur le plan familial, Linda Endundu évoque des tensions anciennes avec certains proches, notamment au sujet de son enfance, de sa relation avec sa belle-famille et de différends patrimoniaux. Elle annonce envisager des démarches judiciaires afin, explique-t-elle, de défendre ses droits et ceux qu’elle estime être ceux des autres membres de la famille.
La dernière partie de la lettre prend une tournure plus politique. L’auteure appelle son père à reconnaître, selon elle, certaines responsabilités liées à son parcours public, notamment concernant la présence des Rwandais en RDC, et l’invite à prendre ses distances avec toute formation politique qu’elle considère proche de Kigali. Ces propos relèvent de son opinion personnelle.
Malgré la fermeté de plusieurs passages, Linda Endundu conclut son message sur une note d’affection. Elle réaffirme son amour pour son père, dit agir par devoir de conscience et exprime l’espoir qu’il puisse lire cette lettre. Elle appelle enfin à la réconciliation familiale, à la justice entre les enfants et à la préservation de l’unité de la famille Bononge.
Par son ampleur et les nombreux sujets qu’elle aborde, cette lettre ouverte dépasse le simple témoignage personnel. Elle remet sur la place publique des questions sensibles liées à la succession, aux rapports familiaux, à la gouvernance du patrimoine et à la responsabilité des figures publiques, tout en reflétant exclusivement la position de son auteure.


