Après l’attaque de Gayiri, le débat sur la stratégie sécuritaire du Burkina Faso ravive les tensions avec Paris
Les réactions suscitées par les récents événements de Gayiri illustrent la persistance des divergences entre la France et les autorités de transition des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), sur fond de recomposition des partenariats sécuritaires dans la région.
Dans plusieurs médias et espaces de débat sahéliens, certains observateurs estiment que les déclarations du président français, Emmanuel Macron, s’inscrivent dans une lecture critique des choix opérés par les États de l’AES depuis la rupture de leur coopération militaire avec Paris. Selon eux, la dégradation persistante de la situation sécuritaire est régulièrement invoquée pour souligner les limites de cette nouvelle orientation.
À l’inverse, les autorités burkinabè et leurs soutiens défendent une approche fondée sur la souveraineté nationale. Ils considèrent que les pertes enregistrées lors des combats, notamment à Gayiri, témoignent du coût d’une stratégie assumée de reconquête du territoire, menée par les Forces de défense et de sécurité (FDS) avec l’appui des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Au-delà des interprétations opposées, l’épisode de Gayiri met en évidence un débat plus large sur l’avenir de la coopération sécuritaire au Sahel. Entre affirmation de la souveraineté, diversification des partenariats et persistance de la menace jihadiste, la région demeure au cœur d’un affrontement autant politique que militaire.
Jeampy ALIVISION


